La RT 2012 ou Réglementation Thermique 2012

Aujourd’hui un petit article pour ne pas oublier de se renseigner sur certains critères importants avant de se lancer dans la conception de sa maison.

Tout d’abord, il faut savoir qu’au delà du respect de certaines normes propres à chaque corps de métiers, vous allez préalablement devoir respecter des normes ou conditions plus générales ! (Et oui, on est en France et en France, il faut tout respecter même si ça n’a parfois pas de sens).

Nous allons ici parler de la RT 2012 (ou Réglementation Thermique 2012). Alors là, pas de secret, vous devrez forcément avoir recours à un bureau d’étude thermique pour valider la conception de votre maison au regard de la RT 2012. Pour minimiser son coup (moins de 500€ TTC), ce dernier ne va pas forcément vous conseiller, il va uniquement émettre un rapport qui validera ou non la conception de votre maison au regard de la RT 2012.

Je vous propose de parler ici des 5 principales notions à bien aborder pour comprendre les contraintes normatives et les enjeux liés à la thermique dans le cas de la construction d’une maison individuelle.

Je ne vais pas ici tout détailler (il y de très bon livres pour ça, notamment dans la collection EYROLLES Environnement avec RT 2012 et RT Existant) mais je vais quand même vous dessiner les contours des points à bien respecter pour rester dans les clous.

En fonction de votre Srt (Surface thermique au sens de la RT), vous devrez appliquer tout ou partie de la RT 2012. Si votre Srt > 100m² (ce qui sera probablement le cas) alors vous allez devoir respecter les exigences de la RT 2012 dans son intégralité.

Voici comment calculer votre Srt :

La Srt consiste en l’addition des surfaces des planchers construits à chaque étage et destinées à l’habitation. Ces surfaces sont comptées au nu extérieur des
murs périphériques constituant l’enveloppe du bâtiment. Autrement dit, il s’agit d’une côte «hors tout». Si vous avez lu l’article sur la taxe d’aménagement, alors vous avez déjà une vague idée de ce qu’il faut faire.

De cette somme sont déduites ou ne sont pas comptées :
• Les surfaces extérieures, non closes (toitures terrasses, balcons, coursives, loggia par exemple) ;
• Les surfaces non aménageables (hauteur sous plafond inférieure à 1,80 m, encombrement de charpente, planchers non porteurs) ;
• Les surfaces non construites (trémies, volées d’escalier, conduits de désenfumage ou de ventilation haute) ;
• Les surfaces non aménagées à la date d’achèvement des travaux ;
• Les parties dépourvues de systèmes de chauffage (véranda, atrium) ;
• Les parties dédiées aux activités professionnelles, artisanales, industrielles ou commerciales ;
• Les caves, celliers, séchoirs, remises, locaux de services implantés à l’extérieur de l’enveloppe isolée du bâtiment ;
• Les locaux de stationnement (parking, local vélo, à ski par exemple);
• Les locaux destinés au fonctionnement du bâtiment (local poubelle, chaufferie, local d’entretien par exemple).

Prenons à nouveau l’exemple de ma maison :

Calcul de la taxe d'aménagement
Niveau RDC
Niveau R+1
Trémies d’escalier

Contrairement à la surface de plancher de la taxe d’aménagement, la Srt ne prend pas en compte le volume du garage (S1).

Srt = S2 + S3 + S4 – S5

Srt = 35,68 + 47,75 + 35,68 – 3,89 = 115,22 m²

On se retrouve donc dans le cas de figure où la Srt > 100m² : il faut donc appliquer la RT 2012. Sans aller dans l’application totale de la RT 2012 (comme expliqué plus haut, il y a des professionnels pour ça), nous allons aborder les quelques notions de base à respecter à minima avant de plus avancer sur votre projet.

La règle du 1/6e :

C’est une règle assez simple : la surface de vos menuiseries extérieures (y compris votre porte d’entrée, ne me demandez pas pourquoi, ce n’est pas forcément logique pour moi car il s’agit là d’assurer un accès à l’éclairage naturel) doit être supérieure à 1/6e de votre surface habitable. Concrètement ça veut dire que pour une maison de 100m2, vous devez avoir plus de 16,67m2 de menuiseries extérieures.

A nouveau, nous allons prendre le cas de ma maison. Elle fait 106,28m² habitables, il me faut donc un minimum de 17,72m² de menuiseries extérieures. Regardons le RDC :

Menuiseries extérieures du RDC

Surface Menuiseries RDC = 1,93 + 1,50 + 5,16 + 5,16 + 1,05 + 1,44 + 0,60 = 16,84m²

Menuiseries extérieures du R+1

Surface Menuiseries R+1 = 1,04 + 0,94 + 0,60 + 0,94 = 3,52m²

J’ai donc une surface totale de menuiseries extérieures de 16,84 + 3,52 = 20,36m² > 17,72m²

Même si ce n’est qu’une recommandation, il vaut mieux éviter les fenêtres orientées au nord et maximiser les baies vitrées côté sud. Ça paraît logique mais il ne faut pas l’oublier dans sa conception et votre maison sera plus confortable l’hiver.

Obligation de recourir aux énergies renouvelables

Le RT 2012 impose de recourir aux énergie renouvelables pour encourager leur développement en maison individuelle. Ne vous inquiétez pas, on ne vous impose pas des panneaux solaires.

Vous pouvez par exemple partir sur un chauffe-eau thermodynamique (CET). Il s’agit d’un ballon d’eau chaude équipé d’une mini pompe à chaleur, qui absorbe les calories de l’air pour les injecter dans l’eau du ballon. La majeur partie des chauffes eau thermodynamiques sont aérothermiques, c’est-à-dire qui valorisent les calories de l’air du logement (air ambiant ou air extrait) ou de l’air extérieur. Et voilà, vous avez mis en place un système utilisant une énergie renouvelable.

Les stratégies à adopter et le calcul de l’indice de compacité

Nous avons un peu abordé le confort en hiver plus haut en parlant de l’orientation des fenêtres. Dans la même veine, il faut essayer de choisir au mieux l’implantation des différentes pièces de la maison. Dans l’idéal il faudrait mettre les pièces de vie (salon, chambres, etc…) au sud pour un meilleur confort tandis que les pièces de services (cellier, garage, couloirs, etc…) seront, autant que possible, positionnées au nord.

Bon, maintenant, nous allons compliquer un peu les choses. Afin de savoir si la conception de votre maison (sa forme) est en adéquation (attention ce n’est pas une obligation de la RT2012) avec un confort optimisé pour l’hiver, il faut calculer la compacité de votre projet. L’idée est de dessiner une maison compacte avec un minimum de surface de déperditions vers l’extérieur.

L’indice de compacité d’une maison est le rapport entre la surface de l’enveloppe (les murs extérieurs) et sa surface habitable. Plus ce rapport est faible et moins la maison consommera. Ci-dessous un petit récapitulatif des valeurs cibles qu’il faudrait tenter d’atteindre pour s’assurer d’avoir une très bonne compacité:

  • Indice < 2,9 pour une surface habitable < 160m²
  • Indice < 2,4 pour une surface habitable < 300m²
  • Indice < 2,1 pour une surface habitable > 300m²

A nouveau nous allons prendre en exemple ma maison pour réaliser ce calcul. Comme je l’ai précisé plus haut, ma villa a une surface habitable de 106,28m².

Pour connaitre la surface des murs, il faut prendre une coupe pour en connaître la hauteur.

Coupe pour calcul de l’indice de compacité

Pour le RDC, nous voyons que nous avons une hauteur de mur de 7+260+11 = 268cm sans compter les pignons. Le périmètre de mon RDC est de 43,92m (la somme de la longueur des 4 côtés extérieurs de la maison). Nous pouvons en déduire une première surface de parois : 43,92 x 2,68 = 117,71m². Au niveau du RDC, il reste encore le pignon S-E à prendre en compte. La maison fait 5,92m de large et l’inclinaison de la toiture est de 30%; la surface du pignon est donc de 5,92 x 0,3 = 1,78m²

En conclusion, la surface des parois du RDC est de 117,71 + 1,78m² = 119,49m²

Pour le R+1, nous avons un plancher de 16cm d’épaisseur et la hauteur est de 7 + 243 = 250cm. Le périmètre est de 26,62m soit une première surface de parois de 26,62 x 2,66 = 70,81m². Comme pour le R+1, il faut rajouter les pignons. La maison fait 4,80m de large pour la partie du R+1 soit 4,80 x 0,3 x 2 pignons = 2,88m².

En conclusion, la surface des parois du R+1 est de 70,81 + 2,88 = 73,69m²

Il faut maintenant ajouter la surface du plancher du vide sanitaire :

Calcul de la taxe d'aménagement
Surface de plancher pour calcul de la compacité

Dans notre cas, la surface de plancher du vide sanitaire est de 35,68 + 47,75 = 83,43m²

Il ne nous reste plus qu’à calculer la surface de toiture. Pour cela, il faut vous rappler le fameux théorème de Pythagore. Dans le cas du RDC, la largeur intérieur est de 5,52. La moitié est donc de 2,76m. Avec 30% de pente, on monte de 83cm :

Dans mon cas de figure X = 2,89m donc 5,78m. On a donc une surface de toiture au RDC de 5,78 x 8,65 = 50m². On fit pareil pour la toiture du R+1 et nous trouvons 37,31m². Soit au total une surface de toiture entre murs de 87,31m².

On total, nous avons une surface de parois de 119,49 + 73,69 + 83,43 + 87,31 = 363,92m²

Et l’indice de compacité Ic = Sparois/Shab = 363,93 / 106,28 = 3,42 > 2,90. Ma maison n’est donc pas la plus compacte du monde et on pouvait s’en douter vu la configuration en L avec l’étage sur une portion du RDC uniquement :

Comme je vous l’ai annoncé plus haut, ce n’est qu’un indicateur. Imaginons que cette même maison soit sans étage. On aurait eu une surface habitable de 74,50m² et on aurait enlevé 73,69m² de parois (le R+1).

Ic = 290,23 / 74,50 = 3,90. Contrairement à ce qu’on aurait pu imaginé, le R+1 ne nous pénalise pas. Je trouve que c’est toujours intéressant de faire ces calculs pour se donner une idée des performances que l’on est en droit d’attendre.

En réalité, un immeuble est plus compact qu’une villa au sens de la RT 2012. Si par exemple, ma maison était entièrement en R+1, alors je gagnerais 43,92m² habitables et je devrais uniquement rajouter les murs de ce niveau au dessus de mon salon soit 60,71m².

On aurait alors Ic = (363,93 + 60,71) / (106,28 + 43,92) = 424,64 / 150,20 = 2,83 < 2,90

Et voilà comment avoir un indice de compacité au top. Bref, vous l’aurez compris, il faut vraiment faire une forme très simple, sans volumes qui se détachent selon les niveaux pour avoir un très bon indice de compacité. Mais si votre terrain et votre budget vous le permet, pourquoi pas ? Dans mon cas, c’est plus une contrainte budgétaire et le volonté d’avoir une maison qui ne faisait pas “blocos”.

Attention quand même, la compacité (c’est à dire l’enveloppe de votre maison) influencera la valeur de votre Bbio (et il faut le minimiser au maximum). Pour ça, je vous invite à lire la suite ci-dessous.

Bbio et Bbiomax

Au stade du dépôt de permis de construire, il va vous falloir connaître le Bbio et le Bbiomax et vérifier que Bbio < Bbiomax. Kézako ?

Le Bbio est un nombre de points qui mesure les besoins en énergie pour le chauffage, le refroidissement et l’éclairage artificiel de votre maison. En quelque sorte, il évalue la qualité de la conception bioclimatique et de l’enveloppe thermique du bâtiment, sans prise en compte des systèmes mis en oeuvre (ventilation, eau chaude, chauffage et climatisation).

Le Bbio se calcule sur une année complète, en tenant compte des données météorologiques propres à chaque zone géographique. Il tient compte de 3 types de besoins : l’éclairage, le chauffage et le refroidissement (climatisation). Le calcul du Bbio se traduit ainsi :

Bbio = 2 x les besoins en chauffage + 2 x les besoins en climatisation + 5 x les besoins correspondant à l’éclairage.

Voici comment sont mesurés ces besoins :

  • Le besoin de chauffage se calcule en additionnant les déperditions thermiques liées au renouvellement d’air et celles qui dépendent des matériaux de construction. Le calcul retranche de cette somme les apports liés au fonctionnement des appareils ménagers et tient compte du nombre d’occupants de la maison.
  • Le besoin en climatisation est pondéré selon l’implantation géographique, la qualité de l’air ambiant et le niveau sonore.
  • Le besoin d’éclairage dépend en partie de l’exposition du bâtiment.

Si vous analysez bien les coefficients, le critère pré-pondérant c’est le besoin de éclairage. Il faut donc bien exposer sa maison et avoir assez de baies vitrées sur les façades orientées au sud car le besoin en éclairage est étudié à partir de l’ensoleillement apporté par les surfaces vitrées.

Pour les deux autres critères, vous pouvez jouer sur l’isolation thermique du bâtiment et la conductivité des matériaux constituant son enveloppe (planchers, murs extérieurs, portes et baies vitrées) et sur la perméabilité du bâtiment à l’air, qui se joue notamment au niveau du système de ventilation choisi.

Au bout du compte, vous ne pourrez pas vous même calculer la valeur du Bbio, il faudra passer par un bureau d’étude thermique. C’est dommage car c’est le seul critère que vous ne pourrez pas trouver vous-même pour poser votre attestation lors de votre dépôt de permis de construire.

Pour le Bbiomax, c’est simplement la valeur du Bbio à ne pas dépasser. Elle varie selon la zone géographique, l’altitude, la surface et le type de logement. Si vous voulez le calculer (même si ça ne vous servira pas à grand chose puisque vous ne pourrez pas calculer le Bbio), vous pouvez vous rendre sur le site de Senova.

En conclusion, il faut mieux avoir notion de ces différents critères avant de valider la conception de sa maison. Autrement vous devrez compenser par des matériaux plus performants (et donc plus coûteux).

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